Voici une situation que toi et moi avons sans doute déjà vécue.
Tu sais, ce moment où une invitation de dernière minute arrive sur ton téléphone.
Tu regardes le message.
Tu regardes ton canapé.
Tu regardes ton plaid.
Tu regardes ton téléphone.
Et soudain, le canapé semble être le choix évident.
S’en suit alors toute une réflexion sur l’éventualité d’avoir peut-être raté un super moment … et peut-être même une rencontre.
« En même temps, qu’est-ce que je peux bien faire chez moi ? »
Surtout quand on n’a aucune envie de se lancer dans une tâche ménagère ou d’aller dormir simplement pour passer le temps.
Mais en même temps, on n’a pas non plus envie de voir du monde.

Ce n’est pas parce que je n’aime pas les gens. Ce n’est pas que je sois devenue antisociale. Mais quelque chose a changé.
Pour ma part, avec du recul, j’ai constaté que j’avais de moins en moins envie de sortir. Pourtant, les occasions ne manquent pas.
Je ne sais pas si c’est lié à l’âge, à une certaine lassitude ou simplement au fait que je n’ai plus le même peps qu’à vingt ans.
Au fond, je pense surtout qu’avec le temps, mon besoin de “profondeur” est devenu plus grand et se comble de moins en moins facilement.
Quand je parle de profondeur, je parle de connexions relationnelles et de conversations qui vont au-delà des échanges habituels sur la famille, le travail, l’église ou les aléas de la vie.
Je recherche des échanges, aussi courts soient-ils, mais qui marquent l’esprit.
Pourquoi ce besoin de connexion profonde ?
J’essaie simplement de mettre des mots sur ce que je ressens.
Je me permets de partager cette réflexion pour tenter de mieux comprendre.
En tant que célibataires chrétiens, nous savons qu’il n’est pas permis d’avoir des relations intimes en dehors du cadre du mariage. Ces relations unissent deux personnes, deux âmes, deux esprits et représentent, à mes yeux, le plus haut degré d’intimité et de profondeur entre deux êtres.
Mais alors, qu’en est-il de nous, célibataires, qui vivons peut-être ce que j’ai décrit ici sans parvenir à mettre des mots dessus ? Surtout lorsque les années s’accumulent ?
Nous entendons peu voire pas de prédications qui nous aident à comprendre ce besoin de profondeur et qui proposent des pistes concrètes pour le gérer avec sagesse et équilibre, afin de ne pas faire des choix dictés par la chair qui ne plaisent pas à Dieu et nous éloignent de Lui.
Je suis sincère : il y a des choses que je ne me vois pas faire ou certaines expériences que je ne me vois pas vivre avec des amis, des frères, des sœurs ou même ma famille.
Non pas parce que je manque de confiance.
Non pas parce que je cache quelque chose.
Mais parce que certaines pensées, certains rêves et certaines vulnérabilités me semblent appartenir à un espace plus intime.
Un peu comme une épouse qui ne raconte pas chaque détail de sa vie conjugale à son entourage.

Il y a certaines choses que je souhaite préserver. Est-ce légitime ?
Alors oui, je réussis quand même à sortir.
Je passe même de très bons moments.
Je ris beaucoup.
Mais je rentre souvent chez moi avec ce petit pincement au cœur difficile à expliquer.
Comme si quelque chose — ou quelqu’un — que je ne connais même pas me manquait.
Cette personne de référence. Cette personne avec qui je pourrais partager les détails les plus simples de ma journée autant que les réflexions les plus profondes de mon cœur.
Je lisais récemment cette réflexion lue sur internet :
« La solitude du célibat n’est pas strictement l’absence d’un conjoint. C’est aussi l’absence de connexion humaine profonde. Ainsi, non seulement nous souffrons du manque d’amour et de la compagnie d’un conjoint, mais aussi de l’absence d’une relation profonde et intime avec qui que ce soit. »
Qu’en penses-tu ?
Un besoin légitime, pas forcément un problème spirituel
Et voici peut-être la partie la plus paradoxale à partager.
Je prie.
Je cherche le Seigneur avec la plus grande sincérité possible.
Je Lui présente mes manques, mes ressentis, ce qui me semble être de modestes besoins comparés à tout ce qu’Il me donne.
Pendant longtemps, je me suis demandé si cela révélait un problème spirituel.
Aujourd’hui, je comprends davantage que c’est simplement mon humanité — et aussi ma féminité — qui s’expriment.
Nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés pour vivre une communion profonde avec Lui. Mais Il nous a également créés pour vivre des relations avec les autres.
Je dois donc reconnaître que Dieu a placé dans notre cœur plusieurs besoins légitimes.
Hormis les désirs de la chair, il serait déséquilibré de demander à Dieu d’éteindre ce qu’Il a Lui-même institué dans notre fonctionnement humain, à savoir la “connexion affective”.
Par amour et pour notre protection, Il a aussi établi un cadre.
D’ailleurs, de nombreuses études montrent que l’être humain a besoin de liens affectifs et relationnels pour s’épanouir.
Une expérience célèbre menée auprès de nourrissons a montré que les bébés qui recevaient à la fois nourriture et affection se développent mieux que ceux qui étaient simplement nourris. Cette observation a contribué à démontrer combien le contact humain, l’attachement et la connexion relationnelle sont essentiels au développement de l’être humain.

De la même manière, l’isolement social chez les personnes âgées est aujourd’hui reconnu comme un facteur de risque important pour la santé mentale et physique. La solitude prolongée est associée à un risque accru de dépression, d’anxiété, de déclin cognitif et même de mortalité prématurée.

Le besoin de connexion relationnelle n’est donc pas un luxe émotionnel.
C’est un besoin profondément inscrit dans notre nature.
Mon âme soupire après une communion plus haute
En définitive, je ne peux ni lutter contre ni réprimer ce désir de connexion profonde.
Ce besoin révèle en réalité un appel bien plus élevé que mes simples émotions ou mon envie d’être en couple.
C’est un appel à une communion encore plus profonde avec Jésus.
C’est aussi pour cette raison que la plénitude en Christ est si importante. Car je suis consciente qu’aucun homme, aussi aimant soit-il, n’a été créé pour porter le poids de tous mes manques ou combler chacune de mes carences affectives.
Faire du mariage le remède ultime à la solitude serait lui attribuer un rôle que Dieu ne lui a jamais donné. Le mariage est une bénédiction, mais il n’est pas un sauveur.
Si je cherche dans une relation ce que seul Christ peut me donner, je risque d’imposer à l’autre des attentes qu’aucun être humain ne pourra satisfaire.
C’est pourquoi mon premier besoin demeure d’être enracinée dans l’amour de Dieu et remplie de Sa présence, afin que mes relations naissent d’un cœur déjà nourri plutôt que d’un cœur en quête de réparation.
Chère sœur, la vie de célibataire à l’église, l’attente, les inquiétudes, les déceptions et les combats invisibles nous vident parfois à notre insu.
Ce n’est pas un énième café ou une conversation superficielle après le culte qui remplira durablement notre réservoir intérieur.
Nous avons un besoin urgent d’être remplies du Saint-Esprit et d’expérimenter Sa plénitude.
« Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. » — Psaume 42 v. 2 à 3
Avant de vouloir connecter avec « l’autre » ou de forcer certaines relations humaines, prenons le temps de nous reconnecter à la Source afin que notre vase déborde à nouveau.
Éphésiens 3 v.14 à 19 nous rappelle que nous pouvons être « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ».

Du ressourcement à l’isolement : le piège du repli sur soi
J’ai fini par comprendre une nuance essentielle : se ressourcer n’est pas s’isoler.
Si mon canapé est un allié pour recharger mes batteries, il ne doit pas devenir un refuge permanent.
À force de rester seule, on finit par tomber dans l’illusion que l’on n’a besoin de personne.
Or, c’est un mensonge !
C’est précisément lorsque nous sommes vulnérables et isolées que l’ennemi en profite pour semer le doute et souffler ses mensonges.
Dieu nous a pensées comme des êtres de relation.
Nous avons besoin des autres et nous en aurons toujours besoin, même lorsque :
- les relations sont imparfaites ;
- les discussions restent superficielles ;
- nous rentrons chez nous avec un sentiment d’inachevé.
À l’inverse, il existe probablement quelque part une personne qui a besoin de notre présence, de notre rire, de notre écoute ou de notre prière.
Chaque interaction est une occasion de grandir et d’en apprendre un peu plus sur nous-mêmes et sur Dieu.
Pour les célibataires, le défi est double : composer avec l’absence d’un conjoint, mais aussi avec le manque d’une communauté authentique. Il faut bien reconnaître que l’Église moderne peine parfois à offrir des espaces de connexion profonde en dehors du modèle familial traditionnel.
Et si nous changions de posture ?
As-tu déjà pris le temps de prier pour les interactions et les personnes que tu allais rencontrer ?
Au lieu de sortir avec la posture de celle qui attend systématiquement de recevoir — ou d’enfin rencontrer son Boaz — et si nous sortions avec la posture de celle qui est disposée à donner ?
Prions pour être nous-mêmes des canaux de bénédiction.
Prions pour que Dieu nous fasse rencontrer les personnes auxquelles Il veut parler et qu’Il nous utilise simplement comme instruments de Son amour.
Parfois, notre mission lors d’une interaction se résume à des gestes simples, mais puissants :
- offrir un sourire sincère à quelqu’un qui traverse une tempête ;
- donner un compliment désintéressé qui restaurera peut-être une estime de soi fragilisée ;
- prendre le temps d’écouter réellement, sans regarder sa montre ;
- tendre la main à quelqu’un qui éprouve le besoin d’être soutenu
« Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. » — Philippiens 2.4
Prions pour vivre ces rendez-vous divins préparés d’avance par le Seigneur et qui font tellement de bien à l’âme.
Alors détends-toi !
Ne te condamne pas si tu as besoin de t’isoler un moment avec ton Seigneur pour recharger tes batteries spirituelles.
Mais dès que le Saint-Esprit t’aura remplie à nouveau, remets tes chaussures, ouvre la porte et sors avec la certitude que Dieu a encore de magnifiques surprises en réserve sur ton chemin.
Avant de sortir, je demande simplement à Dieu :
« Seigneur, conduis-moi vers les personnes que Tu veux que je rencontre aujourd’hui. Et fais de moi un sujet de bénédiction pour quelqu’un. »
C’est incroyable comme cela change la perspective.
Tout à coup, il ne s’agit plus seulement de savoir ce que les autres vont m’apporter, mais de découvrir comment Dieu veut m’utiliser.
Aujourd’hui, j’aspire à vivre dans cet équilibre.
Je ne culpabilise plus lorsque j’ai besoin de repos. Je ne me force plus à être partout.
Mais je refuse également de fermer complètement la porte aux autres.
Parce que je crois que Dieu a encore de belles rencontres en réserve — et pas seulement amoureuses.

Et toi ?
Ressens-tu parfois la même chose ?
As-tu déjà eu l’impression qu’il existait certaines parties de ton cœur que tu ne pouvais pas vraiment partager avec tes amis, même lorsque tu les apprécies profondément ?
As-tu déjà prié, confié cela au Seigneur, et pourtant senti que ce besoin demeurait malgré tout ?
Je serais heureuse de lire ton témoignage.
Dis-moi en commentaire : comment vis-tu ce “syndrome du canapé” ?

Servante Mélissa.

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