Depuis le mois de septembre, j’ai ouvert une chaîne WhatsApp intitulée Journal d’une célib en Christ, un espace dans lequel j’ai à cœur de partager des réflexions, des encouragements et des questionnements autour de la vie de célibataire avec Dieu.

C’est dans cette continuité qu’est né le rendez-vous mensuel Viens, on discute ;
L’idée est simple : un dimanche par mois, nous nous réservons un moment entre célibataires pour échanger, réfléchir, rire et nous édifier autour d’un sujet qui nous concerne, sans chercher à donner des réponses toutes faites, mais en laissant à la Parole de Dieu toute sa place dans nos réflexions.

À l’occasion de notre première session en visioconférence, nous avons abordé une question qui, je pense, mérite que l’on s’y arrête un instant :
Quelle place le désir de mariage prend-il dans ma vie ?
Cet article est donc le fruit de ces échanges. Ils reprennent quelques-unes des réflexions partagées au cours de cette rencontre, avec une invitation à poursuivre la discussion, cette fois-ci, dans le secret de notre cœur.
Désirer le mariage n’est pas le problème

Quand on est célibataire et que l’on aspire au mariage, il n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre entre ce que l’on espère pour demain et la vie que l’on est appelé à vivre aujourd’hui.
Il suffit parfois d’assister au mariage d’un proche, d’apprendre une nouvelle grossesse dans son entourage ou de voir une relation évoluer pour que cette question revienne sur le devant de la scène : « Seigneur, et moi, quand viendra mon tour ? »
Cette interrogation n’a rien d’anormal en soi. Le désir de se marier est légitime, et il n’est pas nécessaire de faire semblant de ne pas en avoir envie pour démontrer que l’on est pleinement satisfait de sa vie avec Dieu. Certains portent ce désir depuis leur jeunesse, d’autres le découvrent au fil des années, tandis que certaines personnes ne souhaitent pas se marier ou ne savent pas encore ce qu’elles désirent pour leur avenir.
Le véritable enjeu n’est pas de savoir si nous désirons le mariage, mais de comprendre la place que ce désir occupe dans notre cœur.
Car un désir, même légitime, peut progressivement prendre une place démesurée. À force de penser au mariage, d’imaginer notre future vie de couple et de nous demander quand notre situation changera, nous pouvons finir par vivre notre célibat comme une parenthèse que nous avons hâte de refermer, au point de ne plus vraiment habiter le présent.
Pourtant, la Parole nous rappelle qu’« il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux »
Ecclésiaste 3 v.1
Cela ne signifie pas que nous devons rester passifs ou renoncer à nos aspirations, mais que nous pouvons apprendre à vivre pleinement la saison présente sans faire dépendre notre joie de ce que nous ne possédons pas encore.
Quand le désir de mariage commence-t-il à prendre trop de place ?

Il n’est pas toujours évident de reconnaître le moment où une aspiration commence à occuper un espace trop important dans nos pensées et nos émotions. Nous pouvons nous convaincre que nous pensons simplement à notre avenir, alors que le sujet finit par revenir dans presque toutes nos conversations, nos prières et nos projections.
Au cours de notre échange, plusieurs signes ont été évoqués :
- éprouver des difficultés à se réjouir sincèrement lorsqu’un frère ou une sœur se marie,
- se renfermer sur soi à cause de son célibat
- ou encore s’attacher davantage au statut de personne mariée qu’à la réalité de ce que le mariage implique.
Ces manifestations ne constituent pas, à elles seules, un diagnostic, et elles ne doivent pas devenir une occasion supplémentaire de culpabiliser.
Il peut arriver que le mariage des autres réveille une blessure, que certaines nouvelles nous touchent plus profondément que d’autres ou que nous traversions une période durant laquelle le manque se fait particulièrement ressentir.
L’important est de pouvoir regarder ce qui se passe en nous avec honnêteté, sans nous condamner, mais sans chercher non plus à nous dissimuler derrière des formules spirituelles.
Et si nos prières évoluaient avec nous ?

Lorsque le désir de mariage est profondément ancré en nous, il peut devenir naturel de revenir constamment à la même demande :
- Seigneur, quand vais-je rencontrer quelqu’un ?
- Qui est la personne que tu me réserves ?
- Quand cette saison prendra-t-elle fin ?
Il n’y a pas de mal à présenter ces aspirations à Dieu. Nous pouvons lui parler de notre désir de construire un foyer, de notre solitude, de nos interrogations et même de notre impatience, sans avoir besoin de masquer nos émotions derrière des prières qui paraissent plus spirituelles.
Mais notre échange nous a aussi conduits à considérer une autre dimension de notre vie de prière : au-delà de ce que nous demandons à Dieu, quelle place lui accordons-nous dans le processus par lequel nous devenons les personnes qu’il nous appelle à être ?
Nous pouvons ainsi apprendre à prier autrement, ou plutôt à enrichir nos prières, en demandant au Seigneur de nous façonner, de nous enseigner l’humilité, de nous aider à recevoir la correction et de développer en nous un caractère qui reflète davantage celui de Christ.
Car il est possible de désirer sincèrement quelque chose sans avoir encore pris la mesure de ce que cela implique. Nous pouvons aspirer à la vie de couple sans avoir suffisamment appris à communiquer, à écouter un point de vue différent du nôtre, à reconnaître nos torts ou à renoncer à certaines habitudes lorsque cela devient nécessaire.
La préparation ne commence pas le jour où nous rencontrons quelqu’un ; elle se vit aussi dans les choix que nous faisons aujourd’hui.
Cela ne signifie pas que nous devons devenir parfaits avant de nous marier, ni conclure que le célibat serait une formation obligatoire à réussir pour mériter un conjoint.
Il s’agit plutôt de comprendre que notre croissance spirituelle et personnelle ne devrait pas être suspendue à l’arrivée d’une relation amoureuse.
Mais au fond, qu’est-ce que je recherche dans le mariage ?

Voilà une autre question qui a nourri nos échanges et qui mérite, elle aussi, que l’on prenne le temps d’y répondre avec sincérité.
Derrière le désir de mariage peuvent se trouver des aspirations différentes :
- construire une famille,
- partager son quotidien avec une personne,
- avoir des enfants,
- vivre une intimité affective,
- se sentir aimé
- ou encore répondre à une pression familiale et sociale devenue pesante.
Il arrive également que le mariage nous apparaisse comme une solution à la solitude, comme si le fait d’avoir enfin quelqu’un à nos côtés allait nécessairement régler les difficultés que nous rencontrons dans notre vie personnelle.
Pourtant, le mariage ne se résume pas au changement de statut, aux photos du grand jour ou au bonheur de ne plus rentrer seul chez soi.
Il implique une alliance, des responsabilités, des ajustements et un apprentissage quotidien du service de l’autre.
Il demande de faire une place à une personne qui ne fonctionnera pas nécessairement comme nous, qui n’aura pas toujours les mêmes préférences et qui nous conduira parfois à revoir certaines de nos habitudes.
Le célibat n’est pas une salle d’attente

Il y a une tentation que nous connaissons peut-être plus que nous ne voulons l’admettre : remettre certaines choses à plus tard, lorsque notre situation sentimentale aura changé.
Nous repoussons un projet, nous investissons moins certaines amitiés, nous hésitons à nous lancer dans une activité ou nous finissons par croire que certaines formes de joie seront plus accessibles lorsque nous partagerons notre vie avec quelqu’un.
Comme si, sans nous en rendre compte, nous avions installé notre existence dans une salle d’attente, les yeux tournés vers une porte dont nous ne connaissons ni la date d’ouverture ni les circonstances.
Pourtant, Dieu ne nous appelle pas à vivre dans l’immobilisme.
Notre célibat peut être un temps d’apprentissage, de service, de découverte et de croissance.
Nous pouvons y développer notre relation avec le Seigneur, nous engager dans notre église, apprendre à vivre avec des personnes différentes de nous, prendre des responsabilités et participer aux œuvres qu’il place devant nous.
Il ne s’agit pas de transformer le célibat en une période où nous devrions absolument accomplir mille choses pour prouver que nous sommes utiles.
Nous avons aussi le droit de nous reposer, de traverser des moments de fatigue et de reconnaître que certaines saisons sont plus difficiles que d’autres.
Mais nous pouvons refuser de considérer notre vie actuelle comme une version incomplète de celle que nous espérons vivre demain.
Peut-on être épanoui avec Dieu sans savoir si l’on se mariera ?

Au cours de notre échange, la majorité des participants ont répondu oui à cette question, tout en soulignant que cet épanouissement relève d’un cheminement. Et je crois que cette nuance est importante, car il ne suffit pas toujours de comprendre une vérité spirituelle pour parvenir immédiatement à la vivre avec sérénité.
Nous pouvons savoir que notre valeur ne dépend pas de notre statut matrimonial et continuer, malgré tout, à ressentir de la tristesse lorsque les années passent sans que notre situation évolue.
Nous pouvons confier notre désir de mariage au Seigneur et constater que certaines attentes demeurent difficiles à abandonner, particulièrement lorsque nous avions imaginé notre vie d’une manière bien précise.
Le lâcher-prise ne signifie donc pas nécessairement que nous ne désirons plus le mariage, que nous n’en parlons plus ou que nous ne ressentons plus aucune émotion à ce sujet.
Il peut plutôt se manifester dans notre capacité à avancer sans exiger de connaître la suite, à accueillir les réalités du présent sans les considérer comme une punition et à continuer de faire confiance à Dieu même lorsque notre histoire ne ressemble pas à celle que nous avions imaginée.
Alors oui, nous pouvons désirer le mariage tout en apprenant à nous épanouir sans savoir si nous le vivrons un jour. Ce cheminement ne nous demande pas de nier nos aspirations, mais de ne pas leur confier le pouvoir de définir notre identité ou de déterminer toute notre espérance.
Nous pouvons dire au Seigneur :
« Je te confie cette partie de ma vie. Tu connais mon désir, tu connais aussi mes interrogations. Je veux continuer d’avancer avec toi, même lorsque je ne connais pas la suite. »
Et peut-être que l’équilibre se trouve précisément là : apprendre à désirer sans nous laisser dominer par notre désir, à espérer sans faire de notre attente le centre de notre existence et à aimer Dieu sans réduire notre relation avec lui à ce que nous espérons recevoir.
À toi, maintenant…

Si tu as pris le temps de lire ces lignes, j’aimerais t’inviter à ne pas refermer cet article sans prendre quelques instants pour examiner ton propre cœur.
Non pas pour te condamner parce que tu désires te marier, ni pour te convaincre que tu devrais déjà avoir dépassé certaines émotions, mais pour discerner avec honnêteté la place que ce désir occupe aujourd’hui dans ta vie :
- Est-ce que le désir de mariage influence excessivement mes pensées, mes émotions ou ma manière de vivre mon célibat ?
- Est-ce que j’arrive à me réjouir sincèrement du bonheur des autres, même lorsque leur histoire vient réveiller mes propres interrogations ?
- Est-ce que mes prières concernent uniquement ma future relation, ou est-ce que je demande aussi à Dieu de me transformer et de m’apprendre à lui ressembler ?
- Est-ce que je vis pleinement la saison actuelle, ou est-ce que je reporte certaines joies, certains projets et certains engagements à plus tard ?
- Si je ne connaissais pas la suite de mon histoire sentimentale, qu’est-ce que je pourrais décider de vivre différemment dès aujourd’hui ?
Tu n’es pas obligée d’avoir toutes les réponses immédiatement. Certaines questions demandent du temps, de la prière et parfois des conversations sincères avec des personnes de confiance. L’essentiel est de ne pas laisser le désir de ce qui pourrait arriver demain nous faire passer à côté de ce que Dieu nous permet de vivre aujourd’hui.
Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont participé à cette première session de Viens, on discute.
Merci pour votre présence, votre authenticité et votre volonté de partager vos réflexions autour d’un sujet aussi personnel que le désir de mariage. Chaque intervention a été précieuse et enrichissante, apportant un éclairage particulier à notre réflexion collective et nous permettant d’apprendre les uns des autres.
C’est aussi cela, Viens, on discute : créer un espace où chacun peut s’exprimer, écouter, apprendre et grandir au contact des autres, dans un esprit de bienveillance et à la lumière de la Parole de Dieu.
Je rends grâce au Seigneur pour la richesse de ces échanges et pour tout ce que nous avons pu recevoir les uns des autres.
Partage également cet article avec une personne qui en a besoin, puis rejoins la chaîne WhatsApp Journal d’une célib en Christ pour ne manquer aucun de nos prochains rendez-vous. Un dimanche par mois, viens discuter avec nous !
Que le Seigneur nous aide à grandir dans notre relation avec Lui et à vivre pleinement la saison que nous traversons, sans laisser nos attentes pour demain nous faire oublier les grâces d’aujourd’hui.
Servante Mélissa.

QUI SUIS-JE ?
Je suis Mélissa EDMÉE, guadeloupéenne, entrepreneure, auteure et créatrice de contenus, et je travaille chaque jour à impacter mon environnement, par ce que Dieu m’a donné.
Sensible aux défis des célibataires, je partage des conseils et des encouragements pour aider à faire prendre conscience à ce public leur valeur aux yeux de Dieu, indépendamment d’un statut social.
Mon parcours est inspiré par ma foi et par le désir de voir les célibataires s’épanouir pleinement sans pression.
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Voici le tout dernier épisode !
Mon dernier livre « Célibataire de Haute Valeur »
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